ALBERT MAMARBACHI, TENDRE HUMANISTE

ALBERT MAMARBACHI, TENDRE HUMANISTE

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- PORTRAIT -

 

Il en va de certaines rencontres comme d'une découverte gastronomique. En attendant Albert Mamarbachi et sa fille Esther, journaliste phare de la TSR, ce dimanche à Fribourg, nous disposons des informations de base: Le menu.

 

- Notre invité est Syrien. Il a fait toute sa carrière à Fribourg

- Il voue une passion sans limite à la forêt

- Il a pris sa retraite il y a environ dix ans

Menu abrégé. Puis ils arrivent. Esther et Albert Mamarbachi s'installent en face de nous. Les regards ne trompent personne. Il y a énormément de complicité entre ces deux-là. Première prise de contact,  un préambule de saveurs. Albert Mamarbachi parle lentement, pose chacun de ses mots comme on dresse une assiette. Avec conscience et finesse.

 

"Je suis ingénieur agronome à la base, formé en France, à Paris. Je suis venu à Fribourg en 1962. Pour un an ou deux, pensais-je à l'époque. Puis j'ai eu des contacts extraordinaires avec le service des forêts. Au lieu de deux ans, je suis resté jusqu'à la fin de ma carrière."

 

Et c'est même lui, Albert Mamarbachi, qui est à l'origine du chauffage à copeaux de bois. Il en parle avec enthousiasme. Ses yeux se font moins rieurs lorsqu'il évoque ses missions à l'étranger.

 

 " Durant mes activités, j'ai eu pris quatre ans de congé non payé: deux ans au Rwanda pour une coopération technique, puis deux ans avec la FAO (l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture) comme expert pour l'Afrique. Je ne voulais pas aller au Rwanda ! On ne peut rien faire malheureusement. On a travaillé sept jours sur sept. Ja'i formé des gens, plein, mais on les a tués..."

 

Albert Mamarbachi marque une pose dans son discours. Esther malmène son sachet de sucre. Le temps passe. On se lève. En route vers le plat principal : le tournage.

Albert nous emmène dans son Fribourg à lui, la forêt. Et il y a l'amour des gens. Il salue ici et là, discute, nous prend le bras. Sourit. Nous dégustons.

 

Enfin, dessert, verre post-tournage sur une terrasse. Et ces anecdotes qu'Albert Mamarbachi nous livre, alors que sa fille rougit. Un peu :

"   A 13 ans, Esther est rentrée de l'école très fâchée. Elle m'a demandé :

- C'est vrai que tu coupes des arbres ?

Je lui ai répondu par l'affirmative. Puis elle m'a dit que ce n'était pas bien, qu'elle l'avait appris à l'école. J'ai alors demandé à ses professeurs de pouvoir faire une visite en classe pour expliquer comment se passe la gestion d'une forêt. Je l'ai fait de nombreuses années de suite..."

 

Et il rit.

La fin de tout bon repas marque le début de la digestion. Quelques jours après le tournage, Albert Mamarbachi nous rappelle :

"Je ne vous ai pas bien dit à quel point je suis fier de ma fille, je crois..." 

 

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Montage : Laurent Chobaz